Ban Bo,
vie rurale au Laos et distilation du lao-lao.


Le village, ban en lao, de Bo se trouve sur la rive gauche du Mékong, entre Pakbeng et Luang Prabang. Ban Bo est un très vieux village ; en 600 ans, trois groupes ethniques y ont vécu : Tai Lue, Shan et Lao-Tai, ces derniers étant aujourd'hui majoritaires. Les 180 habitants se répartissent dans 36 foyers.

Les Shan, des réfugiés venant de Birmanie, se sont pour partie fixés à Ban Bo. La plupart n'y a pourtant fait qu'une étape avant de traverser le fleuve Mékong, pour rejoindre la Thaïlande. Ceux qui sont restés ont adopté les croyances et les usages des Laotiens, instaurant un syncrétisme mêlant bouddhisme et animisme (le culte des esprits de la nature). De nos jours, les trois groupes ethniques vivent en harmonie par la mise en commun de leurs coutumes, portant les mêmes vêtements et célébrant à l'identique les cérémonies comme le mariage.

Les villageois mènent une vie rude, leur principale activité consistant à cultiver le riz et le maïs. Le village dépend donc des caprices de la nature : si les pluies sont trop rares, rien ne pousse. Le relief autour du village est très escarpé et les terres arables rares. Aussi, la plupart des champs se trouvent-ils près du centre du village. Lorsque la récolte est abondante, les villageois vendent ou troquent le surplus de production. Souvent, des marchands viennent avant la récolte, laissant des objets en échange d'une partie de la future récolte.

L'unique école de Ban Bo accueille les enfants, âgés de six à onze ans, pour les cinq années du primaire. Ils doivent ensuite se rendre dans d'autres villages, plus populeux et disposant d'une école secondaire, ou même à Luang Prabang pour poursuivre leur scolarité.

Les habitants de ce village savent si bien confectionner le lao-lao, l'alcool de riz tiré par distillation du riz gluant, que leur réputation a franchi les montages et les vallées environnantes. Ils vendent leur production dans tous les villages du district et jusqu'à Luang Prabang.

Le lao-lao se prépare avec du riz gluant décortiqué. Le riz est mis à tremper pour la nuit, pour le ramollir, après quoi il est cuit à la vapeur. Le riz cuit est rincé à l'eau claire puis mélangé à de la farine de riz passée à la vapeur et à des feuilles de l'arbre sang bong. Le mélange est mis dans une jarre en terre pour une semaine, le temps que le riz fermente. L'eau sécrétée par la fermentation, appelée lao sato, est retirée. Le lao sato, jaune, parfumé et goûteux, se consomme volontiers lors du Nouvel an Lao, même s'il donne souvent mal à la tête.
De l'eau fraîche est ajoutée dans la jarre, qui est entreposée pour trois jours supplémentaires. Le contenu de la jarre est alors versé dans une grande marmite couverte pour être distillé. Du mélange amené à ébullition s'élève de la vapeur qui condense et se refroidit sur le couvercle avant d'être évacuée par un bec dans une jarre de stockage.
Le lao-lao ainsi obtenu titre entre 45 % et 55 % d'alcool. Le lao-lao s'offre pour accueillir les visiteurs ou lors de cérémonies comme les baci – cérémonie de rappel des âmes – ou les mariages. C'est un alcool très populaire dans les campagnes laotiennes.

De novembre à février, pour les croisières vers l'amont – de Luang Prabang à Huay Xai –, nous sommes parfois dans l'impossibilité de visiter Ban Bo. À cette saison, le temps parfois brumeux et les journées courtes nous obligent à naviguer sans escale pour que vous arriviez avant le coucher du soleil au Luang Say Lodge. Nous vous prions de bien vouloir nous en excuser.



Le temple du village
Un Bouddha dans le temple d'un village au Laos
Au mur, les enseignements du Bouddha.


Vie quotidienne

tissage traditionnel au Laos
L'artisanat local s'achète sur place.


Maison typique

architecture traditionnel au Laos
Une architecture originale à découvrir.


Productions locales

Le lao-lao s'offre au Laos pour accueillir les visiteurs
Prudence ! Buvez avec modération.

 

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